Accueil > Bâton français > Documents historiques :

Contribution du Musée du Compagnonnage : Canne et bâton chez les compagnons

Avant toute chose, je tiens particulièrement à remercier Monsieur L. Bastard, directeur du Musée du Compagnonnage pour sa gracieuse contribution.

MUSEE DU COMPAGNONNAGE – 8 rue Nationale 37 000 TOURS

Lors d’un entretien téléphonique que nous avons eu en juin 2002, nous avons évoqué l’histoire de la canne et du bâton chez les Compagnons du 18 et 19ème siècle. Par la suite, Monsieur Bastard m’a fait parvenir des photocopies de documents qu’il avait en sa possession. Je souhaite désormais vous en soummettre les lignes principales.

LES GRADES BATONS

Il est à noter qu’il y avait dans les années 1840 - 1841 au moins deux grades concernant le maniement du bâton : Prévôt et Maître. Mais précisons que ces grades ne sont pas délivrés par des compagnons mais à des compagnons qui suivent les cours dispensés par des spécialistes de ce jeu.

- Grade de Prévôt

Il faut savoir que des diplômes « brevets » de Maître de Bâton existait à l’époque. Voici deux exemples de brevet décernés à des compagnons. Il s’agit de dessins aquarellés sur lesquels on peut lire « BREVET DE BATON Honneur aux armes et patrie », sur cartouche. Deux combattants au bâton sont au centre, sur les côtés, des drapeaux tricolores. La note suivante est écrite : « nous soussignés maître et professeurs de bâton, déclarons nous être réunis aujourd’hui à l’effet de reconnaître M. B, fusilier, élève de Mr. B. en qualité de Prévôt et (a)près nous être par nous mêmes assurés de ses talans (sic) et connaissances et lui avoir rappelé que la prudence et la modération doivent être les premières qualités de celui qui professe notre Art nous lui avons délivré le présent Brevet. Nous invitons nos amis et Frère d’armes à lui prêter aide et assistance au besoin promettant réciprocité de notre part sur leur recommandation. Fait le 21 juin 1840 à (illisible). »

- Grade de Maître

Cette fois, il s’agit d’une Gravure Coloriée (« A Paris Chez Fournier Rue St Jacques 31 Déposé .2. ») . Deux combattants au bâton devant des militaires en uniforme placés en demi-cercle. A droite sur cartouche l’inscription : « Protégeons les faibles » à gauche « Secourons nos frères ». Au centre est écrit « BREVET DE BATON »

La note suivante est écrite : « Nous soussignés, Maîtres et professeurs déclarons nous être réunis aujourd’hui à l’effet de reconnaître M. B. T. élève de M. (illisible) en qualité de Maître, et après nous être par nous mêmes assurés de ses talans (sic) et connaissances et lui avoir rappelé que la prudence et la modération doivent être les premières qualités de celui qui professe notre Art nous lui avons délivré le présent. Nous invitons nos Amis et Frère d’armes à lui prêter aide et assistance au besoin promettant réciprocité de notre part sur leur recommandation. Fait à Calais, le 4 juin 1841 ». ..suivi de 10 signatures.

MEMOIRES DE COMPAGNONS

Dans le même ordre d’idée et concernant l’utilisation du bâton chez les compagnons, Monsieur Bastard (directeur du Musée du Compagnonnage) m’a également communiqué deux documents extrêmement intéressants :

- L’un écrit par Agricol Perdiguier « Mémoire d’un Compagnon » 1855 (Rééd Paris, Librairie du Compagnonnage, 1977) dans lequel il est écrit : « Dans chaque compagnonnage, on apprenait à manier la canne, le bâton, à assommer promptement son homme. Les plus forts, les plus terribles, les plus audacieux étaient les plus célèbres, les plus aimés des compagnons. Tuer son semblable, du moment qu’il n’était pas de notre société, ce n’était pas un crime…. ».

- Un second document écrit par Jean-Louis Ménétra (« Journal de ma vie » Jacques Louis Ménetra Compagnon Vitrier au 18ème siècle, présenté par Danier Roche – Montalba 39, rue Montmartre 75002 Paris – rééd en 1998 chez Albin Michel- Ouvrage publié avec le concours du Centre National des Lettres), compagnon vitrier au 18ème siècle. Là, cela devient encore plus précis, car il est clairement écrit, qu’à l’époque où il était à Tours, ce compagnon avait reçu des leçons de canne : « Tous les compagnons nous avions une passion démesurée pour apprendre l’espadon et savoir manier la canne…A tour j’avais reçu quelques leçons ».

Cependant, Monsieur Bastard me précise que Monsieur Ménétra était à Tour vers 1755 et 56, ce qui est un pas très important dans la datation précise de l’apprentissage de techniques (il est bien écrit « leçons », donc codification).

- Voici un nouveau témoignage que nous livre Monsieur Bastard (directeur du Musée du Compagnonnage). En le remerciant une nouvelle fois.

François-Joseph FOURQUEMIN (1799-1880) : Souvenirs d’un menuisier Nivernais au XIXème siècle ; Introduction de Jean Tulard, présentation de Jean-Louis Balleret et Jérôme Lequime ; Autun, Editions du Pas-de-l’Ane, 1998.

Le manuscrit des souvenirs de François-Joseph Fourquemin est conservé à la bibliothèque de Nevers. Fourquemin, ouvrier menuisier natif de Nevers, fit son tour de France dans les années 1820 et côtoya les compagnons, mais il refusa de se faire recevoir au sein de leur association. Comme Ménétra et Perdiguier, il mentionne les leçons de bâton (p. 132-133) : « J’oubliais de dire que pendant le temps que je fus à Tarare les compagnons et les aspirants allaient tous les dimanches matin sur un plateau en haut d’un petit monticule prendre des leçons de savates, de chaussons, de bâtons, de cannes, etc ; comme je ne donnais nullement dans ces sciences-là, je n’étais pas bien vu des autres qui ne purent jamais me faire entendre raison à ce sujet. »

C’est un pas important concernant la mémoire de notre sport.

Frédéric Morin Président ASCA


Découvrez en Vidéo

+ voir toutes les vidéos


Agenda

+ tout l'agenda

Soirée - Croix Rouge utilisation défibrillateur

Le 19-05-2008,

Le lundi 19 mai, à partir de 20H00 au Gymnase Cours des Lions (second étage - grand Gymnase), l’ASCA est heureux d’organiser, en collaboration avec la GRS Paris 11, l’OMS Paris 11, le COMS Paris et la Croix Rouge, une séance de présentation du défibrillateur automatique.

Les défibrillateurs sont présents dans la majorité des sites publics de la Ville et peuvent sauver la vie d’une personne et il nous a semblé important d’en connaître le fonctionnement, lors d’une séance prise en charge par la Croix Rouge.

Les associations membres de l’OMS Paris 11, ainsi que celles présentes sur le Gymnase sont cordialement invitées.

Frédéric Morin



Blog bâton canne

Ils se sont bien tenus !

Oui, bravo les petits ! Superbes seconde et troisième place en équipe pour les tireurs de l’ASCA lors du premier Open International de canne, à Toulouse. Bravo Sélénia, François, les 2 Xavier et Guillaume ! Merci encore pour cette sympathique et amicale invitation !! (...)

Les Amicales 2008

Petit Rappel concernant les Amicales de l’ASCA. Cette rencontre a été créée pour s’amuser et nous espérons que tous les membres de notre association y participeront ! Vous pourrez vous renseigner directement lors des différentes séances, du lundi, vendredi et samedi, ou par email (...)