Canne et Bâton | Le coin technique

CANNE HISTORIQUE 1

Etude comparée entre les approches historiques et modernes

Voici un excellent article rédigé par Denis Lamotte (ASCA), concernant les parallèles entre canne historique et canne moderne. Denis Lamotte confronte les différentes approches de Larribeau, Humé et Leboucher tout en effectuant des analogies très intéressantes entre les mouvements « historiques » et ceux mis en place en canne moderne.

Nous invitons tous les cannistes passionnés et curieux à regarder cette étude. Frédéric Morin (président ASCA PARIS – BEES1 Canne et Bâton).

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Nous proposons ici quelques extraits de trois ouvrages accessibles en ligne sur Gallica, le site de livres numérisés de la BNF.

 

Bibliographie :

HUMÉ (Eugène), Traité et théorie de canne royale, M-J Poot et Cie éd., Bruxelles, 1862, 55 p.

LARRIBEAU (M.), Nouvelle théorie du jeu de la canne : ornée de 60 figures indiquant les poses et les coups, édité à compte d’auteur, Paris, 1856, 87 p.

LEBOUCHER, Théorie pour apprendre à tirer la canne en vingt-cinq leçons, édité à compte d’auteur, Paris, 1843, 54 p.

 

Quelques définitions tirées de Humé, op. cit. pp.17 à 19

 

La botte.

C’est le coup porté avec réussite. Le coup peut être simple ou composé il est simple lorsqu’il est fait d’un seul mouvement, composé lorsqu’il a fallu une ou plusieurs feintes pour le porter.

Feintes.

C’est feindre de porter un certain coup et en porter un autre. On compte deux sortes de feintes la première est celle par laquelle on cherche à faire parer l’adversaire du côté opposé à celui auquel on veut porter la botte. La seconde se pratique de la même manière seulement, il faut qu’elle se fasse avec assez de vitesse pour que l’adversaire n’ait pas le temps d’éviter le coup qu’on feint de lui porter.

L’appel.

C’est frapper une ou plusieurs fois le sol avec le pied droit, en le laissant à la même place.

 

La parade.

C’est éviter le coup de l’adversaire dans la canne, il est impossible de donner la désignation dès parades; l’exercice seul doit vous guider, vous donner le moyen d’éviter tel ou tel coup. Tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’il est bon de parer de façon à pouvoir garantir les flancs et la tête; ainsi, si l’on cherche à vous donner un coup de tête, ne levez pas trop la main.

 

La riposte.

C’est attaquer l’adversaire, aussitôt après avoir pris la parade.

Tac de la canne.

C’est riposter tout de suite après la parade.

Le tac-au-tac.

C’est riposter après avoir pris la parade à la riposte de l’adversaire.

Le mur. Le mur est un exercice préparatoire avant l’assaut; il est composé du salut. L’assaut. C’est le combat réel entre les deux adversaires. »

La garde

« PREMIÈRE POSITION.

Le corps, un peu tourné vers la gauche, doit être d’aplomb sur les hanches la tête haute, le talon du pied droit contre la cheville du pied gauche, les pieds placés d’équerre, la main droite tenant la canne qui repose à terre, le bras gauche pendant le long de la cuisse gauche, la main gauche ouverte, la paume en dehors et le petit doigt allongé le long de la couture du pantalon. (fig 1) » (HUMÉ, op. cit, p 21)

 

FIG1

« DEUXIÈME POSITION.

Pour passer de la première position à la garde, on procède de la manière suivante Vous donnez un coup de tête devant vous; et vous ramenez tout de suite la canne sur l’épaule gauche, le bras droit plié sur la poitrine. En faisant ce mouvement, il faut placer la main gauche au bas du dos, bien effacer le bras, porter le pied droit en avant, à une distance de la cheville du pied gauche égale la longueur qui existe entre la cheville du pied et l’extrémité du genou; les jarrets doivent être tendus. (Fig. 2.) Si, au lieu d’avoir le pied droit en avant, vous avez le pied gauche, vous donnez à cette dernière position le nom de garde gauche. » (HUMÉ, op. cit, p 22)

Fig2

Le salut.

Le « salut de couronnement »

« Le salut de couronnement se fait en faisant décrire à la canne un cercle entier au-dessus de la tête, de droite à gauche et de gauche droite. Il est évident qu’il faut incliner la tête pour saluer les spectateurs. Il est du devoir du public de répondre à ce salut. » (HUMÉ, op. cit, p 44)

 

Les coups.

Les coups de figure simple.

Il n’y a pas de transfert du poids du corps. Le « coup de figure simple en vraie garde » équivaut au latéral croisé, et le « coup de figure simple en fausse garde » ressemble au latéral extérieur.

Coup de figure simple en vraie garde.

Étant en vraie garde lever la main au- dessus de la tète, le petit bout de la dirigé sur la gauche, la main renversée, les ongles en l’air tournés vers l’oreille gauche, faire décrire ensuite un angle horizontal à la canne, en allongeant le bras de sa portée pour aller frapper le sur le haut, du coussinet (la figure de l’adversaire supposé) la main toujours renversée, mais les ongles en bas. » (LARRIBEAU. op. cit. pp. 15)

 

Coup de figure simple en vraie garde.

Pour développer le coup, élever la main au-dessus de la tête (…). Faire ensuite décrire à la canne un cercle horizontal au-dessus de la tête, en allongeant le bras de toute sa portée; puis reculer l’épaule gauche pour rapprocher droite ; renverser la main les ongles en l’air pour frapper. » (LARRIBEAU. op. cit. pp. 16)

 

Les coups de figure double. 

« Élever la main suivant les mêmes règles, mais faire décrire le premier tour au-dessus de la tête, sans allonger le bras pour frapper; le premier tour n’est destiné qu’adonner plus de force au second, après lequel on allonge le bras, et l’on frappe » (LARRIBEAU. op. cit. pp. 17)

Les coups de reins

Le flanc est appelé le « rein ». Comme les coups de ventre, de poitrine ou sur les jambes, ils ne différent pas des coups de figure sinon pour la surface de frappe.

 

Le coup de tête

Le point de départ est le même que pour le coup de figure, mais avec les pieds rapprochés. On l’arme à droite en « varie garde », puis on renverse la canne dans le dos et on donne le coup sur le haut de la tête (on note la différence entre « figure » et « tête » dans la terminologie ancienne). Le coup est semblable à un coup de tête en canne fouet. A noter que le coup s’exécute pieds joints.

Fig3

Le double coup de tête

« Se placer en vraie garde vis-à-vis du coussinet ; élever la main vers la gauche comme pour développer un coup de jambe ou un coup de reins ; allonger le bras dans toute son étendue, en portant la main de bas en haut, de gauche à droite, en la renversant de tierce pour la ramener en avant et au-dessus de la tête, le petit bout de la canne faisant face au coussinet; puis sans arrêter le mouvement la laisser tomber vers la gauche pour la porter eu arrière et frapper alors le coup de tête. Se replacer aussitôt en vraie garde pour reprendre le même mouvement ». (LARRIBEAU. op. cit. pp. 19-20)

 

Le coup de tête par moulinet

Ce coup ressemble à un coup de canne fouet. Il s’exécute en fausse garde et consiste à « faire rouler la canne en arrière de bas en haut » comme sur le schéma ci-dessous.

Fig4

L’enlevé coude

« Riposte par un enlevé, après la parade du coup de figure en dedans, prise en quarte. Étant en parade de figure, il faut, pour riposter par un enlevé, ployer le bras en baissant la pointe de la canne en arrière, de manière à lui faire décrire un cercle près du corps; puis frapper, en renversant la main en tierce, afin que le coup arrive sous le coude de l’adversaire. Ce coup, presque toujours, met l’adversaire hors d’état de pouvoir riposter. » (LEBOUCHER, op. cit. p. 12)

 

 

 

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ZONES DE TOUCHE

Voici un film court réalisé par Damien Serban dans le cadre du Festival des Arts Martiaux de Bercy 2012.

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Petit traité d’arbitrage à l’usage des pratiquants occasionnels de canne d’arme

Ce petit mémo vous servira, dans le cadre d’assauts codifiés (arbitrés) tels que ceux que nous organisons régulièrement …et notamment lors des Amicales.

Merci à Xavier Fabiani, son rédacteur.

Petit traité d’arbitrage à l’usage des pratiquants occasionnels de canne d’arme
Préface Je rédige ce texte dans un souci de simplification et souhaite préciser qu’il n’est en aucun cas exhaustif. Il se destine principalement aux pratiquants loisirs qui souhaitent pratiquer des assauts arbitrés occasionnels. Il peut bien évidemment être utilisé dans le cadre des Amicales de l’ASCA.

Si vous souhaitez développer votre connaissance de l’arbitrage, je vous invite dans un premier temps à vous procurer le Cahier n°10 (édité par la Fédération Française de Savate et Boxe Française & Disciplines Associées, notamment par le Comité National de Canne de Combat et Bâton) pour en consulter la section D « Règlement d’arbitrage ». Si dans un second temps, vous souhaitez à tout prix devenir Juge/Arbitre, renseignez-vous auprès du CNCCB pour participer aux stages nationaux d’arbitrage.

I/ Les acteurs Un assaut ne dispute pas seul et ne se dispute pas non plus sans cadre. En voici la liste des différents acteurs.

L’arbitre Il veille au bon déroulement de l’assaut et au respect des règles et de l’intégrité des deux tireurs sur l’aire. Il n’intervient en aucun cas sur le score ou la gestion du temps.

Les juges Au nombre de 3, placés en triangle autour de l’aire, ils sont munis de deux drapeaux de la couleur des tireurs (bleu et jaune). Lorsque le tireur bleu marque une touche valide, le juge lève son drapeau bleu. Chaque drapeau levé rapporte un point. Par conséquent, une touche valide peut rapporter entre 0 et 3 points.

Les marqueurs Au nombre de 2, ils ont pour rôle de compter le nombre de drapeaux levés, d’avertissements et de pénalités prononcés, reprise par reprise. Chaque marqueur s’occupe d’une couleur.

Le chronomètre Il est chargé de vérifier l’écoulement du temps et d’annoncer les différentes étapes à voix haute et intelligible.

Le(s) tireur(s) Il doit [défendre son honneur et laver dans le sang, de manière à offrir au public un spectacle d’une violence inouïe impliquant la plupart du temps l’arrachage de divers membres et de nombreux bris de cannes dans ta tête] tenter de remporter un maximum de point pendant la durée de l’assaut, tout en respectant les règles et faire preuve de fair-play.

Le second (assauts individuels uniquement) Il est « l’écuyer » du tireur. Il s’occupe de porter ses cannes, son casque et sa bouteille d’eau. Il doit également assister son tireur pour s’équiper. Il n’a pas le droit de parler durant les reprises, quelle qu’en soit la raison.

II/ Les différentes étapes d’un assaut par équipe

Présentation des équipes

L’arbitre appelle les équipes sur l’aire, casque sous le bras « Les équipes au centre pour le salut. »

Il les fait saluer « En place pour le salut. Prêts pour le salut. Saluez »

Il appelle les premiers tireurs au centre « Premiers tireurs, équipez-vous »

Les deux équipes rejoignent leur coin respectif et deux tireurs s’équipent immédiatement pour se rendre au centre de l’aire. L’arbitre met les tireurs en garde. « En garde »

Il vérifie que tout le monde est prêt. « Juges 1, prêt. Juge 2, prêt. Juge 3, prêt. Marqueurs, prêts. Chronomètre, prêt. »

Il attend ensuite le signal du chronomètre pour lancer l’assaut. « Temps » « Allez »

Lorsque l’arbitre constate une faute, il arrête l’assaut « Stop »

Il explique sa faute au tireur (cf. « liste des différentes fautes ») « Tireur bleu, coup non armé »

Il remet les tireurs en garde et leur fait reprendre l’assaut « En garde. Allez »

10 secondes avant la fin de la reprise, le chronomètre annonce « 10 secondes. Tireurs suivants, équipez-vous »

Une fois la reprise achevée, le chronomètre annonce « Temps »

L’arbitre arrête l’assaut en utilisant la formule « Stop ! Tireurs, changez ou restez »

En effet, dans le cas d’un assaut par équipe, à la fin d’une reprise, chaque tireur à le choix entre passer le relai à un équipier ou rester pour une seconde reprise. Attention, un tireur ne peut pas effectuer ainsi plus de deux reprises d’affilée.

Les tireurs reprennent place au centre de l’air. L’arbitre les place en position de garde et l’assaut reprend. « En garde. Allez ! »

Au début de la dernière reprise, le chronomètre annonce. « Dernière reprise »

À la fin de l’assaut, l’arbitre fait revenir les tireurs au centre pour le salut « Les deux équipes, au centre pour le salut final. En place pour le salut.

Prêts pour le salut. Saluez. »

L’arbitre va prendre connaissance des scores à la table de marque et reviens au centre de l’aire. « Les capitaines au centre pour les résultats »

Il attrape les poignets des deux capitaines et annonce le vainqueur « Est déclaré vainqueur, après des comptes des points et des pénalités, par à , l’équipe ! »

Il lève le poignet du capitaine de l’équipe vainqueur.

[La foule en délire applaudis les guerriers et les membres de l’équipe vainqueur se jettent dans les bras les uns des autres en laissant exploser leur joie et en humiliant les perdants, qui partiront se terrer dans les vestiaires suite à leur défaite honteuse.]

Quelques détails supplémentaires concernant les assauts par équipe

– Le chronomètre ne s’arrête pas pendant les assauts par équipe. Cela implique que les tireurs s’équipent avant la fin de la reprise afin qu’ils puissent rentrer sur l’aire le plus rapidement possible.

– Durant l’assaut, les tireurs n’ont pas à se saluer à nouveau

– Dans le cadre des Amicales, pour chaque reprise, c’est le premier tireur dans l’aire qui impose son arme (canne, double-canne, ou bâton). Pour plus de réactivité, merci d’essayer de vous mettre d’accord avant d’entrer sur l’aire.

III/ Listes des fautes à ne pas commettre en assaut (avec les formules qui vont bien) :

– Comportement antisportif
– Non respect des commandements de l’arbitre
– Coups violents
– Anti-jeu
– Non-respect du principe d’esquive/parade – riposte
– Coups non codifié
– Position non-codifiée
– Arrêts abusifs
– Non-combativité
– Surfaces de frappe non-valides
– Coup non-armé
– Fente insuffisante

IV/ Déroulement d’une reprise en bâton

Lors d’une reprise en bâton, les touches ne sont pas comptabilisées. Pendant une minute, les deux tireurs doivent réaliser un échange intégrant les notions :

• D’esthétique • De technique de bâton français • De collaboration

Selon ces trois critères et à l’issue de la reprise, les juges désignent le tireur qu’ils estiment le plus méritant (ils sont obligés de voter). Chaque drapeau levé vaut 2 points et est comptabilisé pour l’équipe correspondante. Cette notation n’est utilisée que dans la cadre de l’ASCA et donc des Amicales
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Enchaînement 1er degré

Voici les enchaînements définis par Maurice Sarry, qui a codifié la canne. Ces enchaînements sont utilisés par de nombreux professeurs de canne et constituent des combinaisons simples de coups.

Nous avons tenu à noter simplement ces mouvements de façon relativement simple et claire. Ils peuvent être utilisés dans les phases d’apprentissage de la canne et constituer également des séquences définies que l’on retrouve en démonstration ou en compétition. Ce sont de formidables exercices laissés par Maurice Sarry. Bien entendu, nous vous conseillons de laisser le soin à vos enseignants de vous les expliquer correctement afin de veiller notamment à armer correctement les coups, effectuer les fentes de manière correcte et en développant les coups.

1) Croisé tête – Brisé – Croisé tête

2) Croisé tête – Croisé jambe – Croisé Tête

3) Latéral croisé figure – Latéral extérieur figure – Latéral croisé jambe

4) Latéral extérieur figure – Latéral croisé jambe – Latéral extérieur flanc

5) Latéral croisé figure – Croisé jambe – Croisé tête

6) Latéral croisé figure – Latéral extérieur flanc – Croisé jambe

7) Brisé – Latéral croisé figure – Latéral extérieur flanc

8) Enlevé – Latéral croisé flanc – Latéral extérieur figure

9) Latéral extérieur flanc – Croisé jambe – Latéral extérieur figure

10) Latéral extérieur figure – Latéral croisé flanc – Brisé

11) Latéral croisé figure – Brisé – Croisé jambe

12) Latéral extérieur flanc – Croisé jambe – Brisé

Ces enchaînements sont présentés de façon exhaustive dans le livre édité à compte d’auteur, par Maurice Sarry « LA CANNE – Arme de défense Sport de Combat ».

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Les fentes

Ce texte nous a été fourni par Monsieur Jean-Louis Olivier (ancien DTN du Comité National de Canne de Combat) et nous sommes heureux de pouvoir vous le restituer et par la même, de lui rendre hommage.

En préambule, nous tenons à ajouter que l’utilisation des fentes, en canne et en bâton (parfois), est à effectuer avec une grande attention, afin de veiller à l’intégrité physique du pratiquant. Il est primordial de bien veiller à ne pas faire « bailler » le genou pour présever cette articulation et ne pas exercer de trop grandes sollicitations au niveaux des ligaments (latéraux et croisés). Nous préconisons, dans l’apprentissage, de commencer par un travail en demi-fente, puis en fente (qui est obligatoire pour une touche en jambe, dans la version « canne de compétition », ou « canne fédérale »). Un entraînement adéquat de renforcement musculaire peut être opéré pour veiller à bien « gainer » la jambe, ainsi qu’une vérification de la posture correcte des membres inférieurs, mais tout cela doit se faire sous un contôle stricte d’un enseignant (moniteur ou professeur). Frédéric Morin

LA FENTE

La fente est la position finale ou temporaire d’une action motrice nécessaire à l’accomplissement d’une technique déterminante dans l’escrime. Ses modalités d’exécution reposent sur des bases qu’il convient d’analyser pour l’enseigner.

A : Education physique

Les exercices actuels d’éducation physique reposent sur ceux des gymnastiques anciennes et en conservent les principes d’exécution.

1) Gymnastique Suédoise

Dans la méthode de gymnastique Suédoise, on utilise des exercices classés en :

-mouvements préparatoires,

-mouvements fondamentaux,

-mouvements d’application.

Dans la conduite de ces mouvements trois parties se succèdent :

-le départ ou position initiale,

-l’exécution du mouvement,

-l’attitude finale.

Les fentes désignées « crochets » sont des mouvements fondamentaux qui s’effectuent par déplacement d’une jambe qui se fléchit en fin de mouvement. Le pied peut se déplacer selon les sommets d’une étoile à huit branches. La position tenue.
2 ) Dans la « Méthode Naturelle » Georges Hébert définit la fente comme : « Attitude qui consiste à fixer une jambe au sol, puis à détendre le corps sur cette jambe, en exécutant un écart avec l’autre jambe dans une direction donnée. »

Cette attitude est utilisée pour les efforts de lever, de lancer et de défense.

Il distingue :

-une jambe ferme, celle d’appui, motrice et qui est tendue en fin de poussée
-une jambe d’écart, celle mobile, qui est déplacée selon la direction voulue ; en avant, en arrière, latéralement, et qui est plus ou moins fléchie en fin de mouvement.

Les caractéristiques de la fente sont :

-l’écart, distance entre les deux pieds, est plus ou moins prononcé, variant d’un petit pas à un grand pas ;
-l’orientation des pointes des pieds doit assurer l’équilibre ;
-l’aplomb du genou de la jambe d’écart tombe en avant de la pointe du pied ce qui permet un retour plus aisé à la position initiale ;
-la position du tronc en rectitude dans le prolongement de la jambe ferme est plus favorable pour l’effort et l’équilibre.

B ) Le sport

1) L’escrime

Les fentes sportives répondent à une finalité spécifique liée à la logique interne de l’activité. La qualité de leur exécution est nécessaire dans la réalisation de la performance. Deux disciplines sportives utilisent plus particulièrement les fentes : l’escrime et l’haltérophilie.

Les fentes en escrime sont dites « conventionnelles ». Leur objectif est de « gagner la distance » afin de permettre la touche en pointe, sur une seule action de fente, le genou venant à l’aplomb du pied.

L’escrime moderne conduit à un grand engagement physique rendu nécessaire par la compétition. L’amplitude des fentes des tireurs est fonction de la distance qui les sépare, les prises de fer peuvent s’effectuer les bras fléchis avant de se déployer, le combat se poursuivant brièvement dans des positions fléchies. L’esthétique et le formalisme cèdent le pas à l’efficacité.

Une autre forme de « fente conventionnelle » est celle de l’haltérophile. La technique doit respecter très peu de variation de la position de la projection du centre de gravité au sol. Ceci implique un déplacement des deux jambes dans des sens opposés. La remontée s’effectue par le déplacement de la jambe arrière vers le pied avant.

C ) Biomécanique

« Dans les attitudes en fente, les pieds sont écartés l’un de l’autre d’une distance au moins égale à deux longueurs de pieds … l’un des deux membres inférieurs est tendu, l’autre est à demi fléchi au niveau des articulations du cou de pied, du genou et de la hanche. Le tronc est oblique et prolonge la direction du membre inférieur tendu.  » Le centre de gravité du corps se déplace dans le sens de la fente, en avant, en arrière, latéralement, en diagonale, et « de ce fait, la plus grande partie du poids du corps repose sur le membre fléchi et tend à le fléchir davantage. » Le pied du membre inférieur tendu doit rester constamment appliqué au sol pour une fente correcte.

Les chaînes musculaires mises en jeu lors de l’escrime aux armes et lors de l’escrime à la canne différent dans la succession des actions. En escrime, l’action du membre supérieur armé précède l’action de poussée de la jambe arrière. A la canne, l’action débute par l’action de poussée du membre inférieur pour s’achever par la rotation du tronc et l’extension du membre supérieur armé.

Groupes musculaires concernés par la fente

D’une manière générale les contractions se situent dans le triceps sural et le quadriceps crural du membre fléchi et dans les muscles du dos Les contractions sont d’autant plus intenses que la fente est profonde Au niveau du membre fléchi, l’effort musculaire est plus intense qu’au niveau du membre tendu car, outre la différence de poids à soutenir, il est plus difficile de maintenir une articulation en attitude de flexion (dosage de la contraction musculaire) qu’en attitude d’extension (arrêt osseux ou ligamentaires).

Dans les fentes la jambe qui se déplace supporte la plus grande partie du poids du corps tandis que dans les poses (de stations) le poids reste sur le membre fixe et le pieds de l’autre membre déplacé repose sur le sol par sa pointe en n’exerçant qu’une faible pression.

Décomposition des forces du poids en fente avant. >

D ) Techniques de Canne

1) Anciennes formes

Les fentes en escrime à la canne, conçues dans une optique d’auto-défense, sont très peu prononcées. Quelle que soit la ligne de frappe, l’importance de la flexion du genou est sensiblement identique et le tireur recherche la touche par un gain de distance tout en évitant de présenter une cible à l’adversaire et en conservant son équilibre.

1899 – Coup de jambe et parade en quarte
1930 – Coup de jambe à droite
1971 – Coup de jambe
1899 – Coup de jambe et parade en quarte

Le principe de projection du genou légèrement en avant de la pointe du pied et celui de la rectitude entre le tronc et la jambe de poussée sont respectés. La rectitude est l’alignement de différents segments entre eux. De même dans la frappe en canne il y a rectitude entre la ligne des épaules, le membre supérieur armé et la canne.

2) Formes actuelles

La forme actuelle de la pratique sportive de la canne a conduit à adopter des conventions qui s’éloignent des principes de l’auto-défense.

Maurice Sarry dans le chapitre « Les déplacements » de son manuel (p.33) définit la fente ainsi :

« La fente permet de gagner la distance et de frapper en ligne basse. Nous ne la considérons pas comme un véritable déplacement. De la position en garde, la jambe se déplace vers l’avant et fléchit, la jambe arrière, dont le pied reste en point fixe, se trouvant alors en extension.  »

1978 – fente de démonstration

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1998 – fente extrême – démonstration
Fente d’escrime à l’épée

La fente ainsi démontrée correspond strictement à une fente d’escrime poussée à son extrême. En escrime le retour à la position initiale s’effectue rarement car l’action est le plus souvent arrêtée par une touche valable ou non selon l’arme. La touche s’effectue au corps alors qu’en canne la touche s’effectue en jambe, en ligne basse. (A l’épée on se fend peu pour toucher le pied correspondant à la ligne basse.)

A la canne, l’ancienne règle d’arrêt à la touche annoncée a été abandonnée, comme en escrime, pour permettre de donner une série de plusieurs coups, ce qui rend l’assaut plus dynamique. Les allers retours fente-garde-fente deviennent extrêmement difficiles car coûteux d’un point de vue énergétique en faisant aussi subir des pressions importantes au niveau du genou fléchi.

Lors de la fente extrême la tête devient une cible vulnérable et une flexion du tronc pouvant aller à l’horizontale entraîne un risque de frappe sur la nuque ou sur le dos. L’amplitude de la fente est liée à la souplesse des articulations du membre inférieur.

Il faut noter d’autres formes de fente que celle exposée précédemment :

-La fente arrière consiste à déplacer le membre arrière vers l’arrière, à le fléchir en ouvrant vers l’extérieur le segment fléchi et à s’accroupir sur cet appui. Le membre avant reste tendu vers l’adversaire et permet l’équilibration. Cette fente permet de conserver la distance de frappe par retrait du tronc.

-La fente sur place peut s’exécuter de deux manières :

a) par une flexion du membre avant en reculant le membre arrière qui devient tendu,

b) par une flexion du membre arrière en avançant le membre avant.

BIBLIOGRAPHIE

André, E., (sans date, après 1900), La gymnastique Suédoise, Flammarion. Demenÿ, G.,(1924), Mécanisme et éducation des mouvements, Revue EPS (1993),88. Hébert, G.,(1942), L’éducation physique, virile et morale par la méthode naturelle, tome II, technique des exercices, technologie, 90-92. Vandervael, F.,(1966), Analyse des mouvements du corps humain, Maloine,119-121. Thirioux, P., (1970), Escrime moderne, Amphora. Sarry, M., (1978), La canne, arme de défense, sport de combat, chez l’auteur, épuisé. Weineck, J., (1984), Anatomie fonctionnelle du geste sportif, Masson,173-175.

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Enchaînements du 2nd Degré

Là encore, suite des enchaînements définis par Maurice Sarry.

Ici, changement de main, déplacement et complexité des succession de coups prévalent.

Bien entendu, une fois encore, il faut noter que nous conseillons un oeil externe, lors de la réalisation de ces mouvements, afin de veiller à leur bonne réalisation (en termes d’armés, de développement et de postures).

1) TOUT EN GARDE DROITE / Latéral extérieur figure – Latéral extérieur flanc – Latéral extérieur jambe

2) PREMIER COUP EN GARDE DROITE puis changement de garde et GARDE GAUCHE / Brisé – (chgt de garde) sur Croisé tête – Latéral extérieur figure

3) PREMIER COUP EN GARDE DROITE puis changement de garde et GARDE GAUCHE / Latéral extérieur figure – (chgt de garde) sur Latéral Croisé – Latéral extérieur flanc

4) PREMIER COUP EN GARDE DROITE puis changement de garde et GARDE GAUCHE / Latéral extérieur figure (chgt de garde) sur Latéral Croisé – Latéral extérieur jambe

Ces enchaînements sont présentés de façon exhaustive dans le livre édité à compte d’auteur, par Maurice Sarry « LA CANNE – Arme de défense Sport de Combat ».

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Echauffement (rappel)

Quand on parle d’échauffement il s’agit surtout de préparer le corps à l’effort fourni lors d’un entraînement. Alors tout dépend de vos objectifs, compétitions, loisir ou autre. Il y a plusieurs types d’échauffements :

-général : sollicitation globale du corps (par exemple petit footing de 7-8 minutes suivi d’un match de basket ou de handball).
-local : sur une partie du corps (par exemple : manipulation de la canne en faisant des moulinets pour échauffer les poignés)
-spécifique : directement lié au sport ou à l’activité pratiquée (exécuter des enchaînements en canne ou bâton)
– a-spécifique : pas en rapport direct avec l’activité pratiquée (séries de pompes, d’abdominaux…)

Petit rappel physiologique ! un échauffement permet :

– l’augmentation de l’activité enzymatique et par conséquent des réactions métaboliques associées aux systèmes d’énergies
-l’augmentation du débit sanguin et de la disponibilité de l’oxygène
– la diminution des temps de contraction et de réaction
– l’augmentation de la chaleur

Les récentes études dans ce domaine tendent à démontrer qu’un bon échauffement doit être suffisament long pour « échauffer » les muscles (en périphérie, plus en profondeur), que cet échauffement doit être varié et surtout PROGRESSIF.

En ce qui concerne les étirements (dynamiques notamment), ils ne semblent plus que leur efficacité soit prouvée pendant cette phase de préparation à la séance.

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Travail sur l’anticipation

La canne étant un sport de combat, le but, quand on fait un assaut, est de toucher son partenaire. Pour marquer un point, il ne suffit pas d’enchaîner les coups, mais bien de s’adapter son adversaire pour pouvoir utiliser la moindre opportunité pour toucher son adversaire. C’est certainement en essayant d’anticiper un mouvement que l’on arrive à passer un coup gagnant.

Un exercice simple pour travailler cette anticipation (en fait l’exercice est simple à décrire, mais la notion ne l’est pas tout à fait) :

L’un des tireurs joue le rôle de l’attaquant et l’autre le défenseur. L’attaquant enchaîne lentement des coups tandis que l’autre se défend en faisant des parades. L’attaquant ne change pas de rythme et continue d’enchaîner. Quand il le sentira, le défenseur devra anticiper un mouvement de son adversaire et passer un coup gagnant juste au moment où l’autre va se préparer à armer son coup (attention toutefois à saisir le bon moment, car il existe une règle fondamentale en canne, le principe de parade-riposte ou esquive-riposte, c’est à dire que l’on doit parer avant de riposter et non pas attaquer dans l’attaque !). L’approche de l’anticipation, essentielle en combat, passe donc également par le nécessaire déplacement. Il faut travailler très lentement cet exercice, pour l’attaquant.

Alors bien sûr, sur cette base, on peut creuser et les exercices sont nombreux, le tout étant de pouvoir lire ce que l’adversaire va faire. Si on se place du côté de l’attaquant, la stratégie peut également de tromper le défenseur, en feintant pour fausser son éventuelle anticipation…

Publié dans Canne, Le coin technique. Commentaires fermés sur Travail sur l’anticipation


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